Stratégie 2029 : pour les profits, tout est prêt. Pour les salariés, trop peu de réponses…

COMMUNICATION SYNDICALE Stratégie 2029 : pour les profits, tout est prêt. Pour les salariés, trop peu de réponses…

Résultats records, rentabilité renforcée, nouvelles économies et réduction des effectifs : la direction sait précisément où elle veut aller. Mais lorsqu’il faut parler de l’avenir de SGPM, du pouvoir d’achat, du télétravail ou de l’égalité professionnelle, les réponses deviennent soudainement beaucoup moins précises.

Une feuille de route très claire pour les investisseurs

Le Groupe affiche des résultats financiers solides : 14,2 milliards d’euros de revenus, un résultat net de 3,5 milliards d’euros et une rentabilité en progression. Lors du Capital Market Day, la Direction a fixé ses objectifs à horizon 2029 : environ 3 % de croissance annuelle, 1,9 milliard d’euros d’économies et une rentabilité comprise entre 13 et 14 %, puis supérieure à 15 % à partir de 2030.

La trajectoire est donc parfaitement balisée. La croissance doit représenter 65 % de l’amélioration attendue, tandis que les réductions de coûts doivent en assurer les 35 % restants. La Direction prévoit notamment de rationaliser les fonctions centrales, de poursuivre l’optimisation du réseau et de réduire les effectifs grâce aux départs naturels.

La CFDT a donc voulu poser la question qui compte pour les salariés : derrière ces objectifs financiers, quelles seront les conséquences concrètes sur les métiers, les emplois et les conditions de travail ?

Slawomir Krupa absent, le dialogue social aussi ?

Cette rencontre devait permettre aux Organisations Syndicales d’échanger directement avec Slawomir Krupa sur la stratégie qu’il venait de présenter. Le Directeur Général était finalement absent, sans que les Organisations Syndicales en aient été prévenues.

Le ton était donné. Notre Directeur Général parle de transformation responsable et de dialogue social régulier, mais ne respecte même pas le rendez-vous annoncé...

L’attrition naturelle sera-t-elle suffisante pour atteindre les objectifs de suppressions de poste ?

La CFDT a demandé le nombre de suppressions de postes envisagé en France mettant en avant le milliard d’euros d’économies attendues sur la masse salariale en insistant sur la difficulté à atteindre cet objectif uniquement grâce à l’attrition naturelle.

La direction répond qu’elle n’a pas le nombre pour SGPM mais qu’il s’agit d’un engagement tout à fait réalisable s’appuyant sur l’accord Emploi actuel valable jusqu’à fin 2028.

Cette absence de chiffrage ne peut qu'interroger. La stratégie engagée depuis 2023 s'est déjà traduite par la suppression d'environ 20 000 emplois dans le monde au sein du Groupe. Dès lors, lorsque la Direction annonce de nouvelles économies, la rationalisation des fonctions centrales et une poursuite de la réduction des effectifs, il est légitime que les salariés demandent quels seront les impacts concrets sur l'emploi en France et au sein de SGPM. Sur ce point pourtant, aucune réponse précise n'a été apportée.

SGRF : les orientations sont prises, les explications attendront

La stratégie dévoilée prévoit une plus grande fluidité entre le réseau Société Générale et BoursoBank. La CFDT a demandé ce que ces « synergies » signifiaient concrètement pour SGRF, sa clientèle, ses métiers et ses emplois.

La Direction souhaite orienter davantage vers les parcours numériques les clients qui peuvent être traités à distance. Le réseau devrait ainsi se concentrer sur le conseil et gérer des portefeuilles allégés. En clair, certains clients coûteraient aujourd’hui trop cher lorsqu’ils sont accompagnés dans le réseau alors qu’ils pourraient utiliser les outils numériques. La Direction a voulu rassurer en indiquant qu’il ne s’agit pas de transferts de clients SGRF vers Bourso Bank en tout cas pas pour la majorité des 5 millions de nouveaux clients ambitionnés par Bourso !

Pour connaître la suite, il faudra attendre une nouvelle réunion en octobre dédiée à RPBI. La Direction affirme que le projet sera alors « plus finalisé », tout en assurant qu’elle ne change pas de modèle et qu’il ne doit pas y avoir de concurrence entre ses deux piliers de la banque de détail.

Difficile pourtant de croire que les grandes orientations ne soient pas déjà arrêtées. Le dialogue social ne peut pas consister à dévoiler progressivement aux partenaires sociaux des décisions déjà ficelées.

Retour sur site / Pouvoir d’achat : les salariés paieront la facture

La suppression de l’accord télétravail impose davantage de retours sur site. Pour les salariés concernés, cela signifie plus de déplacements et des dépenses supplémentaires, notamment pour le carburant, dont le prix a fortement augmenté.

La CFDT a demandé comment la direction comptait prendre en compte cette réalité. Elle nous renvoie aux prochaines NAO et met en avant l’intéressement, la participation et l’actionnariat salarié.

Cette réponse ne suffit toujours pas. Des dispositifs de rémunération aléatoires ou différée ne compense pas durablement l’augmentation des dépenses quotidiennes. Les bons résultats du Groupe doivent aussi être partagés avec celles et ceux qui les rendent possibles, au moyen d’augmentations de salaire pérennes qui renforcent durablement leur pouvoir d’achat.

La CFDT a également interrogé la Direction sur la cohérence entre cette politique de retour sur site et ses engagements environnementaux. Sur ce point, aucune réponse.

La RSE ne peut pas se résumer à des engagements présentés aux investisseurs ou à l’augmentation du budget de la Fondation SG. Elle doit aussi guider les décisions qui ont des conséquences concrètes sur les déplacements, la vie quotidienne des salariés et la responsabilité sociale de notre entreprise.

Égalité professionnelle : des objectifs, mais toujours pas de vision

Lors du Capital Market Day, la direction a affiché de nouveaux objectifs concernant la présence des femmes aux postes à responsabilité. Elle vise notamment 35 % de femmes aux postes de direction et 40 % en France à l’horizon 2029.

La CFDT a donc demandé quelle était sa vision globale de l’égalité professionnelle. Comment la direction compte agir sur les rémunérations, les promotions, l’accès aux responsabilités et les parcours de carrière ?

La seule réponse a été de rappeler qu’il restait 22 millions d’euros sur l’enveloppe de 100 millions d’euros décidée trois ans plus tôt.

Une enveloppe destinée à corriger les écarts ne remplace pas une politique d’égalité professionnelle. La CFDT attend des engagements précis, des mesures concrètes et des résultats vérifiables ainsi qu’une volonté claire de faire vivre notre accord d’entreprise comme il se doit.

 

Beaucoup de questions, seulement des demi-réponses

La CFDT est venue à cette rencontre avec des questions précises sur l’avenir de SGPM, l’emploi, le pouvoir d’achat, le télétravail, la RSE et l’égalité professionnelle.

Elle en repart avec des demi-réponses, des renvois à octobre, aux prochaines NAO ou à des mesures décidées il y a trois ans. Sur certains sujets, la direction n’a tout simplement rien répondu.

Rien de très étonnant lorsque la figure de proue de cette stratégie, Slawomir Krupa, n’est pas présente au rendez-vous qu’elle avait elle-même souhaité avec les Organisations Syndicales.

Pour la rentabilité, les économies et la transformation, la feuille de route est prête. Pour les salariés, il faudra encore attendre.

Ce CMD marque la continuité de la stratégie engagée depuis 2023 et également la continuité d’une politique d’entreprise qui considère bien plus ses actionnaires que ses salariés et qui continue d’afficher un réel mépris du dialogue social.

La CFDT continuera de défendre vos intérêts et de revendiquer haut et fort vos préoccupations légitimes, nous avons alerté sur un climat social très dégradé et qui risque avec ces annonces de l’être encore davantage.

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